29.01.2008

La bave des étoiles n'atteint pas les crapauds...

En hommage ému aux idées noires de feu Franquin, j'attribue d'ores et déjà, à l'unanimité de mon moi-même, le prix Pandatagueul 2008 à la Société Générale qui n'a même pas été capable de se rendre compte qu'un enfoiré lui avait piqué 5 milliards d'euros. C'est hallucinant !!

Cela me fait un peu penser à un émir (ceci n'a rien à voir avec du racisme, à part un éventuel racisme pétrolier) qui aurait 47 Ferrari inutilisées garées devant chez lui et qui mettrait six mois à s'apercevoir qu'un gredin lui en aurait piqué trois ou quatre.

Putain, s'ils n'ont même pas senti qu'on les allégeait en douceur de 5 milliards, que l'impudent qui a commis cet acte iconoclaste soit sanctifié ! 5 milliards, c'est quand même l'équivalent  d'au-moins 200.000 maisons à bas prix construites en Afrique ou au Bangladesh, n'importe où les gens crèvent dans la rue faute de toit.

Puisse le monde de la haute finance subir chaque jour l'action néfaste ou parasite de son Jérôme Kerviel local pour lui rappeler quelque peu la vraie valeur de cet argent brassé jusqu'à l'écoeurement et jusqu'à en perdre toute signification. Ce monde-là a-t-il encore vraiment les pieds sur terre ?

Et, entre nous, puisse un Jérôme Kerviel sur dix se sentir une âme de Robin des Bois moderne et détourner une partie de cet argent à des fins utiles.

23:28 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.01.2008

Zaventem, waar Brusselaars thuis zijn.

Il ne faut pas vous faire un dessin ; dès que l'on parle de la périphérie, c'est un terrain miné. La périphérie, c'est la Flandre. Un point c'est tout.

Sauf qu'entre la politique et la vraie vie, il y a une marge. Là où le corps politique flamand est unanime sur la chose, l'homme de la rue agit tout autrement dans la pratique. 

Je lisais l'autre jour une des innombrables pubs sur des bagnoles dont nous sommes actuellement inondés because salon de l'auto (pardon, ne dites plus salon de l'auto, dites European Motor Show). Cette pub concernait tout bêtement l'ouverture d'un nouveau garage Honda à ... Zaventem.

Eh bien, ce brave garagiste, qui n'est pourtant pas Joske Happart ou Wim Maingain sinon ça se saurait, ce garagiste disais-je a eu le réflexe d'appeler son pimpant garage Honda Brussels. Rien de plus logique en fait. Les nombreux concessionnaires qui jalonnent la chaussée de Louvain à la sortie de Bruxelles ne sont pas tout à fait là par hasard tout de même. Ni Ikea, ni les nombreux autres magasins bel et bien implantés en sol flamand mais commercialement tournés vers la manne céleste que constitue Bruxelles.

C'est une évidence que les marketeers ont intégrée depuis de nombreuses années. Mais , s'il est admis et même souhaité que le brave Bruxellois à quatre roues vienne changer son huile chaussée de Louvain, ou plus si affinité, il lui est formellement interdit d'y acquérir un terrain car n'est pas Ménapien qui veut ...

Le droit du sol n'en devient-il pas alors une valeur à deux vitesses, une notion variable et plutôt opportuniste ?

17.01.2008

Fadila, ministre des cultures

Il est parfois malaisé d'adresser une critique à quelqu'un qui vous est a priori assez sympathique. Prenez Fadila Laanan, par exemple. Voilà bien quelqu'un qui m'inspire plutôt confiance.

J 'ai récemment reçu sa lettre d'information qui relate son action au cours des derniers mois. C'est du concret et cela a le mérite de nous permettre de mesurer objectivement les actes qu'elle pose en tant que Ministre de la Culture. En terminant sa lettre, une petite pointe de questionnement m'envahit pourtant.

Parmi les 33 sujets abordés dans sa lettre d'information, 9 concernaient plus ou moins directement l'islam et/ou le Maghreb. Une proportion qu'il est difficile de ne pas mettre en rapport avec  l'origine de la Ministre et qui n'est pas anodine.

Pour moi, idéalement, le vrai baromètre de l'intégration d'une personne, c'est quand la "typicité" de cette personne n'influence pas/plus son propos ou ses actes. Pourquoi un Ministre ou un échevin noir africain ou turc devrait-il composer son cabinet de 50% de noirs ou de turcs ? Pourquoi les déclarations d'un Ministre ou Président de parti homosexuel devraient-elles concerner principalement les droits des homosexuels ?

Pourquoi la politique culturelle d'une Ministre d'origine marocaine devrait-elle différer de celle d'un Liégeois ou d'un Gantois ?

C'est un sujet extrêmement délicat car on se fait vite taxer de racisme au passage mais ce réflexe comportemental se rencontre fréquemment dans le monde politique. Malheureusement... 

15.01.2008

Everything's gone green

I'm alive and well. Should start again this bloody website very soon. Take Care.

25.11.2007

L'ultratop planétaire

Ce matin je me suis réveillé en me demandant si je serais capable de citer les dix pays les plus peuplés au monde sans être trop ridicule.

Eh bien non ! J’avais le top 3 mais, après, j’étais loin du compte.

Alors pour tous ceux qui comme moi se réveillent avec ce genre de question débile en tête, voici le top 10.

1. Chine – 1.300.000.000 hab. Troisième puissance économique actuellement mais peut-être la plus grande puissance de demain ou d’après-demain, la Chine n’a hélas rien d’une démocratie. L’Occident y fabrique massivement à bas prix en faisant abstraction de la caricature politique que représente ce pays. Business is business, isn’t it ? L’explosion économique de la Chine contribue grandement à la déroute écologique de la planète et à l’augmentation du prix du pétrole et de ses innombrables dérivés.

2. Inde - 1.100.000.000 hab. Devrait dépasser la Chine prochainement en termes de population. S’est équipée de l’arme nucléaire en 1974, dont elle possède aujourd’hui une cinquantaine de têtes, pour contrer les gesticulations belliqueuses de son voisin le Pakistan.

3. USA - 300.000.000 hab. première puissance économique, militaire et politique au monde et première vraie démocratie aussi, que l'on aime ou pas son président actuel. Compte en effet à sa tête une sorte de croisement entre Satanas et Averell Dalton. Condamne la sodomie et l’avortement dans certains états, condamne à mort ses détenus noirs et acquitte ses détenus blancs à grands coups (coûts) d’avocats. Vend les armes à ses citoyens comme elle leur vend ses cannettes de coca.

4. Indonésie 230.000.000 hab. A connu sa première élection au suffrage direct en 2004. Welcome on board mais il reste du pain sur la planche les gars.

5. Brésil – 190.000.000 hab. En 2002, une personne sur vingt pouvait y espérer atteindre le cap des 65 ans. Une sur vingt.

6. Pakistan – 165.000.000 hab. A testé sa première bombe nucléaire en 1998, quelques jours après l’Inde, et compte aujourd’hui une soixantaine de têtes ... pour contrer les gesticulations belliqueuses de son voisin indien.

7. Bangladesh – 150.000.000 hab. Le pays le plus densément peuplé du monde ; 137ème en superficie mais 7ème en population. Un des plus pauvres du monde également et sans doute le plus fragile car son territoire est exposé aux inondations, cyclones et autres joyeusetés climatiques.

8. Russie – 140.000.000 hab. Le géant d’Europe mais aussi un des rares grands qui s’éloigne chaque jour davantage des principes démocratiques. Poutine y a réinstallé une chape de plomb, digne de ses plus rouges prédecesseurs. On y tue les opposants, on musèle les médias récalcitrants, on corrompt à tout va.

9. Nigéria – 135.000.000 hab. Le géant d’Afrique mais aussi un des pays les plus dangereux et les plus corrompus au monde qui a pour principal titre de gloire d'être le seul pays au monde producteur de pétrole à présenter un déficit budgétaire.

10. Japon – 127.000.000 hab. Le pays était exsangue au sortir de la guerre voici 60 ans, il est aujourd’hui devenu la deuxième puissance économique au monde. Un pays qui fait étonnamment peu parler de lui et auquel on peut reprocher bien peu de choses. Japon, oasis dans le top 10 ? 

13.11.2007

Art brutes

Europalia a inauguré le mois dernier une exposition d'art contemporain européen sur 27 places du centre de Bruxelles. Cette exposition est censée se dérouler pendant deux mois pleins.

Après un seul week-end, la plupart des oeuvres avaient déjà été taguées, détériorées, saccagées parfois même.

Europalia s'en est indignée et a lancé une pétition sur le net en sensibilisant l'opinion publique sur ce massacre. Ambition ultime : revendiquer une meilleure protection des oeuvres d'art en espace public et soumettre la pétition à la police et à l'échevine de la Culture de Bxl.

Intention louable. Comment ne pas frémir devant ce fascisme inculte ? Comment oser être contre une telle pétition ?

Et pourtant, je n'ai aucune envie de la signer.

Revendiquer une meilleure protection en espace public disait Europalia ? Comment ? En collant un flic devant chaque oeuvre pendant deux mois ? Pas sûr que cela soit perçu comme une tâche prioritaire pour notre bonne police. Alors, en engageant un agent de gardiennage pour surveiller chaque oeuvre ? Pourquoi pas en fait !? La culture vaut peut-être bien ça, non ?

Peut-être. Sauf qu'il y a un hic : son coût. Vous avez une idée du coût que représenterait une telle opération ? Au bas mot : 972.000 € !! 

Devant cette somme ridiculement élevée et faute de meilleure idée (vous en avez une ?), ne devrait-on pas plutôt taxer Europalia de naïveté, d'imprévoyance, de légèreté ??

N'est-ce en effet pas tenter le diable que d'exposer des oeuvres d'art en plein centre, dans des quartiers parfois sensibles, à portée de main jour et nuit pendant deux mois ?

Quiconque a un minimum de pratique de l'espace urbain pourra sans doute témoigner du risque certain qu'Europalia a couru consciemment ou inconsciemment en se lançant dans cette aventure ambitieuse.

Avant de jouer les vierges effarouchées, Europalia ne devrait-elle pas balayer devant sa porte ?

Même si son combat pour le respect et la propagation de la culture est un beau et noble combat.

20:15 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Une chose ou deux sur la crise politique actuelle

Autre sujet d'interrogation pour moi : le système actuel est tel que la plupart des hommes politiques qui se présentent aux élections fédérales le font en se reposant sur leur électorat régional.

Suite logique des événements, les meilleurs à ce jeu se retrouvent en bonne place pour exercer un rôle au fédéral. A l'heure où nos deux communautés partagent de moins en moins de valeurs ... communes, il y a là un paradoxe en acier inoxydable.

Comment dès lors peut-on en arriver à déplorer le manque d'hommes d'état dans les rangs des tenors de la politique actuelle ? Constat que les politiques sont d'ailleurs les premiers à faire ...

Mais, votre honneur, il y a incompatibilité ! Je résume pour ceux qui n'ont pas suivi : pour se faire élire, il vaut mieux montrer les crocs vis-à-vis de l'autre communauté sinon vos électeurs régionaux vous sanctionneront pour vos affinités louches. Et une fois élu, on vous demande au contraire de vous élever au dessus de la mêlée et de revêtir des habits d'homme politique fédéral.

La Belgique n'en est pas à un paradoxe près. Celui-ci n'en est pas un des moindres.

Une chose ou deux sur la crise politique actuelle

En ces jours sombres, la Belgique doit être forte de quelques centaines de milliers de chroniqueurs politiques anonymes. Bistrot, tram, internet, même combat.

Comment sortir des lieux communs, des querelles de clochers forcément subjectives en fonction de la sensibilité linguistique de chacun ? Pas évident !

Il y a pourtant une chose que j'avais envie de dire. A propos des cartels. Quand des partis aussi importants comme le CD&V, le SPa ou le MR se présentent à l'électeur en cartel, on ne peut a priori leur en faire le reproche.

Quand ces partis se présentent en cartel avec des compagnons de route aux vues très divergentes des leurs, il y a une démarche qu'il est difficile de ne pas qualifier d'électoraliste et opportuniste. J'aurais tendance à être moins sévère vis-à-vis du tandem MR-FDF (oublions un instant le MCC) mais que penser de la CD&V et du SPa qui se liguent avec des émanations de la défunte Volksunie ?

Leurs programmes respectifs me semblent en effet très peu compatibles. Comment juger le parti le plus populaire du pays, le CD&V pour ne pas le nommer, qui s'acoquine avec un parti séparatiste et très borderline ? Comment ne pas les soupçonner un instant de laisser la sale besogne au chien fou De Wever tout en préservant une façade de respectabilité ou une respectabilité de façade, c'est comme vous voulez ?

Et si CD&V et SPa n'envisagent pas de fusion pure et simple, ils se présentent en blocs unis et indéfectibles. Quelle différence avec une fusion pure et simple dans ce cas ?

Vous votez Leterme et vous héritez de la NVA en cadeau Bonux. La belle affaire !

Aimez-vous Back ?

 I'm back!

 Un beau matin, je me suis dit "mon p'tit gars, il faut que tu écrives quelque chose dans ton blog, ça fait longtemps que tu n'as plus écrit".

Ce jour-là, je me suis dit que je faisais fausse route. Ce blog n'est pas une obligation et encore moins un fardeau. Si je n'ai rien à dire, who cares? Si j'ai quinze posts à vous asséner en deux jours, what the fuck?

Allez, on est reparti pour un tour !

21.10.2007

Vashti Bunyan, sortie de nulle part

Incroyable histoire que celle de Vashti Bunyan.

Etudiante en Beaux-Arts dans les années soixante, elle découvre la guitare et abandonne rapidement la peinture au profit de la musique. Après avoir sorti un premier single écrit par les Stones (!) et quelques autres titres entre 1964 et 1967, elle prend la route à bord d'une roulotte en quête de son avenir. Lors de son périple, elle compose et écrit un album Just Another Diamond Day que produira l'illustrissime Joe Boyd, producteur légendaire de Nick Drake.

Cet album sera un flop total, le premier pressage ne dépassant pas les cent exemplaires. Se sentant incomprise et pas faite pour le show bizz, elle renonce à ses ambitions musicales et part pour la campagne reculée où elle vit alors dans le dénuement et l'isolement absolus, vivant au milieu des chevaux, élévant ses propres enfants et se contentant du minimum vital. Elle ne touchera plus une guitare, ne chantera ou ne composera quoi que ce soit.

Après trente ans de cette vie, elle décide d'abandonner sa campagne et se retrouve en ville avec l'idée d'écrire sur sa vie. Pour écrire, elle s'achète un ordinateur. Et s'offre une ligne internet. Prise de curiosité, elle tape son propre nom et constate avec stupéfaction qu'il existe un culte d'initiés autour de son nom et que son album incompris trente ans auparavant s'achetait désormais sur ebay à 1500 € et plus.

On imagine aisément le choc qu'elle a dû vivre à cet instant. Le choc ... et la révélation. 

Vashti Bunyan se remet alors à composer et Fat Cat sort son deuxième album, trente cinq ans après le premier, en 2005 : Lookaftering.

Personne n'oserait jamais vous faire croire à un tel scénario tellement il est incroyable et rocambolesque. La vraie vie dépasse ici l'imagination.

Il est à espérer qu'un réalisateur inspiré en tire un jour un film.

14.10.2007

ING, une banque qui se donne les moyens

Aujourd'hui, c'était marathon. A ne pas confondre avec les 20km. Le marathon, pour le discerner des 20km, il suffit de chronométrer le temps durant lequel la circulation en ville devient cacophonique dans le meilleur des cas. Si c'est deux heures, ce sont les 20km. Si c'est deux fois plus, pas de doute c'est Lessieur ! Euh non, c'est l'ING Brussels Marathon.

Et ce qui est formidable avec le marathon, c'est qu'il bénéficie d'une banque, ING pour ne pas la nommer, comme Title Sponsor et qu'on peut donc s'attendre à ce que les choses soient bien faites vu les bénéfices gargantuesques qu'engrangent annuellement de telles banques.

ING sera donc fier d'apprendre que le site internet de l'événement commençait par ses mots en français : "Ne pas encore inscrit ?".

Ne pas encore engagé de traducteur ?

21:28 Écrit par Mama dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

RTL, la forme ... pas le fond

Je n'ai jamais été fan de notre première chaine de TV nationale francophone. Vous savez, celle qui n'est pas publique. Son journal est pourtant depuis plusieurs années le plus regardé de notre sympathique Communauté Wallonie - Bruxelles.

Ce soir, en zappant, je suis resté collé l'espace de cinq minutes. Pas d'admiration, rassurez-vous. Je parlerais plutôt de consternation. En ces cinq minutes marquées d'une pierre blanche, j'ai eu droit à quatre minutes de reportage sur un ivrogne ayant fauché une vieille dame à Dinant et à une minute d'un compte-rendu du match de foot d'hier soir entre la Bellegique et la Faimlande. Et chez RTL, un match nul 0 - 0 se traduit par un titre arboré sans honte tout le reportage durant : "défaite". Allez comprendre.

Le plus pitoyable là-dedans, c'est qu'on n'est pas dans un show ringard de fin de soirée sur AB3 ou dans un journal d'une télé régionale d'Ouzbékistan. Non, c'est notre première télé. La forme est certes professionnelle mais cette qualité dans la forme sonne à mes yeux comme une publicité mensongère quant à son contenu indigent.

MOTOWN N'EST PLUS MOTOWN, MAIS ETAIT-CE ENCORE MOTOWN AVANT DE NE PLUS L'ETRE ?

Je ne sais pas si Marcel Sel sera un jour le nouvel Eddy Mitchell ou le nouveau Bob Dylan mais je sais que Marcel Sel a une plume particulièrement inspirée qui s'exprime merveilleusement. Et qu'il s'agisse de textes de chansons ou de cris d'amour, le talent est le même. Si vous ne connaissez pas le loustic, c'est là que cela se passe : www.marcelsel.com

Ce soir, en allumant mon ordinateur, je m'aperçois que Marcel Sel m'a envoyé ce jour un texte sur Motown, sur la Tamla comme on disait à l'époque, m'invitant à le publier si le coeur m'en dit.

Je vous l'injecte donc tel quel, avec tout le respect de circonstance vis-à-vis de son auteur.

Diam's à la direction artistique de Motown, c'est avant tout bizarre parce qu'on se demande si elle aura le temps de s'en occuper. On sent le coup de pub.

Mais on peut tout de même imaginer qu'elle "ferait" ce qu'elle a toujours fait : mettre toute son énergie dans ce job. Parce qu'elle a beau être friquée, Diam's, elle n'est pas la seule dans l'univers Motown. Que dire des Gordy ? Que je sache, Diam's ne s'est pas enrichie aux dépends d'autres artistes. Pourtant, l'histoire de Motown, à la grande époque, est faite de très gros pognon pour le producteur et de cachets minables pour les immenses artistes qu'elle représentait. Des compositeurs géants touchaient des salaires d'employés et n'avaient même pas droit aux royalties. Alors, ne faut-il pas laisser à Diam's, momentanément, le bénéfice du doute ?

Bien sûr, je respecte à 100% qu'on conteste la position de Diam's. Mais si, plutôt que descendre cette promotion en flamme sans appel, on lui disait : "Diam's, tu as un symbole dans les mains, traite-le bien". En lui rappelant que Tamla est et reste le joyau universel de la musique Afro-américaine, parce que précurseur absolu.

Je comprends donc votre colère. Je vous soutiens dans votre doute. J'espère néanmoins que Diam's, (qui a en commun avec les stars de la Motown des origines modestes, qui n'est "arrivée" que par son talent et son opiniâtreté), mettra ce défi à profit pour engager des gens qui auront mérité leur place en tant que directeurs artistiques. Des vrais Motowniens dans le coeur et dans l'âme.

Je comprends enfin que les artistes Afro-américains et Afro-européens craignent de voir se développer un Motown France qui "blanchisse" le label avant même qu'il existe, et donne la préférence à d'autres minorités, voire aux Blancs (dont je suis, enfin, principalement au niveau de ma pigmentation :-)

Cette crainte, il faut l'exprimer, et revendiquer Motown comme un symbole de musique noire avant tout. Qu'elle lance une collection centrée sur les autres minorités, c'est légitime. Mais elle devrait avant tout redonner espoir aux artistes de talent Afros. Elle le doit.

De là à tomber dans le travers opposé, c'est-à-dire, exiger de Motown qu'elle soit uniquement un label pour Afros-européens ou Afro-américains, non! Quand Martin Luther King a crié "I had a dream", il pensait à la ségrégation sous toutes ses formes. Il n'accepterait pas aujourd'hui qu'il y ait ségrégation dans la ségrégation. Rejeter Diam's parce qu'elle n'est pas Noire, c'est tout le contraire du combat à mener. Pire : c'est jeter le discrédit sur le combat contre la ségrégation, car celui-ci ne peut exister que s'il s'élève contre toute ségrégation. Partout. Et même si Motown n'est pas une entreprise parfaite éthiquement parlant (loin de là), elle reste un maillon essentiel dans le combat contre toute ségrégation, parce qu'elle fut la première à permettre à des artistes de la communauté Afro-américaine d'exprimer leur point de vue avec force, sincérité, et un talent extraordinaire.

Mais si aujourd'hui, Motown est le symbole de la musique Afro-américaine, elle est aussi beaucoup plus que ça : elle a permis à bien d'autres communautés, ensuite, d'oser développer ses propres outils de diffusion culturelle et contestataire. Ainsi, je n'imagine pas la World Music sans ce précurseur que fut Motown. Ni les tournées internationales de Fela Anikulapo Kuti. Ni le rap, ni le hip-hop, ni... Diam's.

Si je fais de la musique aujourd'hui, c'est parce que tout petit, j'écoutais les albums Hot Hot Hot de Tamla Motown. Des merveilles. Et une de ces merveilles s'appelait "War". Et les paroles disaient : "War, what is it good for - Absolutely nothing!"

Quand Marvin Gaye chantait "Brother, brother", il s'adressait à l'humanité entière, et je me sentais aussi concerné que vous tous. Et je me sens encore concerné. La ségrégation est toujours vivace aujourd'hui. Martin Luther King pourrait encore scander "I had a Dream", et bien plus fort encore qu'il ne l'a fait autrefois. L'ouragan Katrina (merci Spike Lee) l'a montré, les révoltes des cités aussi, les drames dans lesquels on laisse baigner l'Afrique encore plus. Et quand on prétend aider "les Africains", c'est avec une condescendance insupportable.

Mais est-ce que Motown a encore la puissance, et le talent de changer quoi que ce soit dans cette société ?

Il y a eu auparavant un premier scandale Motown, qui me fait penser à celui-ci : quand Berry Gordy a signé Rare Earth, dans les années 60. La portée symbolique était pourtant immense : une maison de disque "noire" signait pour la première fois un groupe "blanc", qui n'y serait pas traité autrement que les autres groupes. Cette revanche était gargantuesque, au point que des Blancs se mirent à boycotter Rare Earth. Comme toute les idées fortes, celle-là sonnait le glas de la primauté absolue de la musique "blanche" en Amérique, et partout ailleurs. Elle a pourtant eu ses détracteurs au sein même de Tamla.

Enfin, même si personne n'aurait jamais une idée aussi farfelue, je serais très fier d'être signé par Motown, en tant que Blanc, parce que c'est à Tamla que je dois tout mon héritage musical. Et je serais fier d'être signé par Diam's, à une condition toutefois, qui n'est pas remplie aujourd'hui : qu'elle soit la porteuse incontestable de l'héritage de Tamla Motown. Qu'elle puisse me citer le titre du premier album de Little Stevie Wonder. Qu'elle puisse me raconter l'épopée de Malcolm X. Qu'elle puisse me parler des démêlés de Marvin Gaye avec la soeur de Berry Gordy. Qu'elle puisse me chanter "Inner City Blues "avec le ton et l'émotion qu'il faut.

C'est ça que Tamla représente.. Une histoire. Un héritage. A brotherhood.

Si Diam's sait tout ça, si elle comprend tout ça, si elle respecte la réalité Afro-américaine de Motown, si elle est prête à baser ses choix sur des conseillers qui pourront faire leurs preuves, des vrais D.A., et si ça présence peut permettre de promouvoir des artistes véritablement motowniens, alors, oui, elle est bonne pour le job. Et la couleur de sa peau fera honneur à l'héritage. Sinon, si ce n'est qu'un coup de pub, si elle ne s'engage pas, si elle ne fusionne pas avec l'esprit Tamla, ce sera tout simplement un désastre.

Marcel Sel.
White Brother et Héritier.

11.10.2007

In Rainbows

Bonne nouvelle pour les fans : le nouveau Radiohead est sorti.

Mauvaise nouvelle pour l'industrie du disque : le groupe se passe d'elle pour diffuser son album.

In Rainbows est tout simplement disponible en téléchargement via le site internet du groupe. Son prix ? Cela dépend de vous ... Vous êtes en effet libre d'en déterminer son prix en vous inscrivant. Cette initiative, qui fait suite à d'autres coups du genre signés Prince ou, chez nous, Sarah Bettens, risque bien de mettre encore un peu plus à mal un marché de la musique déjà agonisant. 

Pour ma part, j'ai choisi de payer quatre Livres Sterling, soit moins que la valeur d'un album sur iTunes mais nettement plus que ce que le groupe aurait touché en royalties. Apparemment, vous pouvez très bien décider que le disque ne vaut rien et ... ne rien payer (je n'ai pas testé)

Après écoute, le disque s'avère être loin d'une oeuvre mineure du groupe ou d'un attrape-nigauds. C'est du lourd, du Radiohead grande cuvée.

Bien sûr, le procédé ne sera pas nécessairement viable ad infinitum si les groupes le répètent tant et plus. Les gens finiront un jour par ne plus payer et les médias ne relayeront pas ce type d'initiative très souvent. Un groupe inconnu qui ferait le pas risquerait très fort de regretter amèrement la force promotionnelle d'une firme de disques traditionnelle.

Il n'empêche, Radiohead réalise ici un coup de maître, parfaitement en phase avec son approche artistique.

Si vous cherchez l'album de l'année, en voici un sérieux candidat à plus d'un titre.

28.09.2007

L'autre bout de la lorgnette

C'est un peu long, c'est en anglais mais ça vaut la peine d'être lu. De quoi s'agit-il ? Tout simplement d'un bulletin émis par une TV officielle du Myanmar (devrais-je dire birmane ?) qui relate la manifestation du 27 septembre à Rangoon. C'est notamment au cours de cette manifestation qu'un journaliste japonais a été abattu froidement, au sol et à bout portant, par un militaire.Vous apprécierez, je l'espère, le fait que l'énumération du bilan des incidents débute par un cynique "deux motos de la police brûlées".Tout le récit tend à démontrer que les très pacifistes forces gouvernementales ont vaillamment tenté de dissoudre une manifestation fomentée par des activistes destructeurs qui forcent le brave peuple à sortir pour manifester contre leur gré et à verser une contribution financière à ce mouvement opposé à la paix et à la stabilité du pays.

Un magnifique exemple de désinformation, faut-il le préciser ?

Enfin, tout est bien qui finit bien puisque les méchants manifestants blessés ont été soignés à l'hôpital.

27th September 2007

The Government hand in hand with the people have been striving day-in and day-out for the emergence of a peaceful, modern, developed and discipline-flourishing democratic nation.The main factors of stability of the State, community peace, law and order restoration, national development are being implemented constantly. Therefore, all the national peoples are enjoying the fruitful results of peace and development across the nation.Now, some monks, opposition organizations and destructive elements staged protest walks in some cities in the nation including Yangon due to instigation of external and internal destructionists and some foreign radio stations who are not happy with peace, stability and development of the nation so that they create instability and unrest in the nation by agitating and concocting fabricated news.Some foreign new stations and destructionists tried to speed up protest walk by issuing several announcements, statements and requests as if the entire mass participated in the protest when some monk and people staged the protest.The majority of people want peace and they don’t want to participate in the protest walk. However, some destructionists went to the houses in respective wards knowingly or unknowingly and asked the people by force to donate cash and provisions to the protesting monks. If the people didn’t follow their demand, they were threatened that the security of their properties will not be guaranteed.The people are forced to participate in the monks’ protests in person. If not, they have to pay cash and kind, or else their lives and properties will not be guaranteed – which is a kind of threatening for extortion money and gathering people.Moreover, some members of Sangha went into houses asking the dwellers to offer them cold drinks and later urged the dwellers to donate money for convenience of their logistics if they could not participate in protests in person. Those monks are not familiar to them and they have never revered those monks before.Due to these extortions, some households paid 40,000 or 50,000 kyats to one lakh for protection money and later they complained these cases to respective officials.Therefore, officials concerned inform public to complain respective ward, Township Peace and Development Councils and local authorities in person or by phone if there occurred asking for extortion money or gathering people by force to participate in protests.If they know or recognize the persons who commit such acts, they are urged to report those persons exactly. The officials concerned also announce the public to take care of the safety of their families.

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At 12:30 p.m. on 26th September, a group of mob about 10,000 comprising members of the Sangha and the people gathered near the traffic light of Sule Pagoda Road and Anawrahta Road. The so-called monks, the so-called 88 generation students, the destructive ABSDF members and NLD members protested and shouted their demands.The security force members on duty near Sule Pagoda requested the mob to stop any further approach and to disperse peacefully by using loud speakers. However, the protesting mob surrounded the security force by throwing stones, catapults, sticks while shouting. Therefore, the security police force members retreated from the first security line to the second line and again requested the mob to disperse peacefully without violence.But, the protesting group didn’t follow the request. The protesting group moved on raiding the security force by throwing stones and catapulting for the second time. At the same time, two motor cycles of security police were looted and burnt down. Gradually, the protesting mob tried to loot the arms from the security police force. Due to such more violent act of the mob, the security police unavoidably used minimum amount of force and fired the agitated mob in order to disperse them. The protesting mob dispersed because of firing. In this incident, two motor cycles were burnt down and 8 members of police including two senior police officers wounded.From the mob group, unknown man at the age of about 30 died. And U Han Lin Tun, son of U Hla Tun, lives in No. 359, Anawmar Road in 93 Ward, Dagon Seikkan Township, wounded on right thigh, U Win Htut, 27 years old, son of U Tun Myint from No. 201 of Room 301, Phayar Street in Kamayut Township got injury on right hip and Daw Phyu Phyu Win, 47 years old form No. 19, Kyaung Street, ShwePyiTha Township, wounded on her left breast and left forearm respectively.Those wounded were sent to Yangon General Hospital and being given medical treatment.

Amis dictateurs, unissez-vous !

Chers amis dictateurs, apprentis dictateurs, postulants futurs apprentis dictateurs et autres doctorants en dictature appliquée,

On l'ignore souvent mais vous ne menez pas toujours une existence facile. C'est vrai, avec tous ces pacifistes, ces idéalistes, ces empêcheurs de dictaturer en rond, ces membres zélés d'ONG diverses, vous n'avez pas toujours l'occasion d'opprimer en toute quiétude.

Pris de sympathie pour votre noble cause, je me permettrai donc de vous apporter un menu conseil. Si vous souhaitez opérer en paix, il existe une règle d'or : vous faire ami avec la Russie ou la Chine avant votre coup d'état ou votre prise de pouvoir. Encore mieux : faites vous ami avec la Russie ET la Chine.

Une fois cette clause remplie, vous pouvez y aller franchement les gars. Opprimez, torturez, maltraitez, emprisonnez et vous ne serez pas dépourvus quand la bise sera venue. La diplomatie internationale ? Les sanctions économiques ? L'indignation de l'opinion publique mondiale ? Oui, mais encore ? Opprimez, torturez, maltraitez et la Russie et/ou la Chine seront toujours là pour opposer leur veto à toute sanction du conseil de sécurité de l'ONU. En clair, amis dictateurs, laissez les chiens aboyer et continuez d'agir en toute impunité tant que votre ami russe et/ou chinois sera à vos côtés.

L'ONU est ainsi faite qu'elle tente de bonne foi d'instaurer ses valeurs démocratiques de par le monde mais que son propre fonctionnement interne est entravé par des mécanismes de sécurité archaïques indignes de ces mêmes valeurs démocratiques.

TOUS les états du monde peuvent émettre le souhait de s'opposer à la junte birmane, il suffit qu'un état comme la Russie ou la Chine décide de ne pas suivre la manoeuvre pour étouffer toute démarche dans l'oeuf.

Inutile dans ces conditions d'entretenir le moindre espoir à propos du Tibet, vu que l'oppresseur n'est même pas ami de la Chine et de la Russie mais est la Chine.

27.09.2007

My publicité à la radio is rich

De mon temps (sic), c'était Always Coca Cola.

Aujourd'hui, l'anglais est la langue sine qua non pour nombre de signatures de marques dans nos pubs radio (et autres). Jusqu'à l'absurde. Et si la majorité peut comprendre ce Always Coca Cola, je ne suis pas sûr que tout le monde comprend réellement certains slogans actuels.

Ainsi, par exemple, cette marque automobile qui signe A Life better lived together dont la portée échappera sans doute à certains concitoyens de souche. Mais dans ce cas précis, Volvo a l'excuse d'être une marque suédoise dont la signature doit sûrement être déclinée dans le monde entier. Admettons.

Mais que dire alors de certaines marques belges, telle cette banque qui se vante d'être spécialiste en asset management. Question de simplification et d'unification des deux côtés de notre frontière linguistique ? J'en doute si je me réfère à cette autre pub d'un quotidien économique exclusivement francophone qui vous parle de personal finance (prononcé peuwsoneul faïnennnce) alors que l'équivalent français existe pourtant sans verser dans le ridicule.

J'en déduirai donc que l'anglais est un élément de la stratégie de positionnement de ces marques. L'anglais participe sans doute ici à dégager une image haut de gamme, sérieuse et qualitative dans un monde de la finance où la fantaisie n'est pas reine. Bref anglais in et français out.

Nos amis copy cherchent-ils à nous démontrer que le français n'est pas le choix idéal ? Y a-t-il un message politique caché ?? (humour)

20:59 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

26.09.2007

Allo Sarkozy ?

C'est une excellente nouvelle, confirmée par le président Sarkozy himself à des journalistes belges présents à New York : il ne boit que de l'eau et il n'était donc absolument pas éméché lors de sa fameuse intervention à la tribune de presse du G8 qui a délecté des millions d'internautes de par le monde.

Et, franchement, je ne vois pas pourquoi on ne le croirait pas, Sarkeau. D'autant plus qu'il a effectivement la réputation de ne pas consommer d'alcool. Dont acte.

L'explication de son état suspect est en fait toute simple et toute bête : avant de monter à la tribune Niceaulas avait bu un grand verre d'eau pour se désaltérer. Une eau pas française, de marque inconnue : Stolichnaya, Krepkaya ou Moscowskaya si ses souvenirs sont bons.

25.09.2007

Homo anti-redéposition

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (à vos souhaits) a eu l'occasion de s'exprimer (de se défendre) devant un parterre d'étudiants de l'université américaine de Columbia, vous l'aurez sans doute lu dans la presse.

Parterre que l'on imagine sans nul doute trié soigneusement sur le volet car cela aurait légèrement fait tache qu'un jeune gars sorte son flingue devant l'assemblée et descende le président de trois pruneaux dans la tête au nom du bon droit démocratique.

Bref, un petit gars a eu l'outrecuidance de lui demander ce qu'il pensait de l'homosexualité. Sans rire, notre ami président lui a répondu que l'homosexualité n'existait pas en Iran. Oufti, voilà une réponse qu'elle est bonne ! On supposera que l'Iran est également épargné par la pédophilie, le SIDA, les drogués, les cheveux dans la soupe et la crise de BHV.

C'est clair, en Iran, l'homosexualité n'est même pas une maladie ou, pire, une déviance perverse, qu'une bonne gouvernance et un traitement médical adéquat suffiraient à éradiquer. Non, ici, c'est un état qui n'existe pas. Le néant absolu. Mobistar aurait dit : rien, nada, que dalle. Les homos apprécieront. S'il avait été question de l'holocauste, on aurait pu parler de négationnisme. Ici, pas de sanction possible.

Mes pensées n'iront pourtant pas à Ahmadinejad (à vos souhaits encore, vous devriez soigner ce mauvais rhume mon cher ami) mais bien aux homosexuels et aux lesbiennes iraniens. Refoulés sans nul doute, pourchassés peut-être, car le régime actuel vous l'a dit : ils n'existent pas.

Une terre, un même monde, mais tellement de variantes dans l'interprétation que nous en faisons... 

Mais, en y réfléchissant bien, la tactique de Mahmoud est facilement exportable et n'a pas que des inconvénients. Ainsi, les Russes pourront dire qu'il n'y a pas d'indépendantistes en Tchétchenie, les Chinois pas de Tibétains au Tibet, les gentils militaires du Myanmar pas de moines contestataires et le Vlaams Belang pas de francophones à Bruxelles. Non, juste des flamands parlant provisoirement français.

21.09.2007

Homme, femme, même combat ?

Ce matin, je me suis réveillé avec une grande question existentielle en tête.

Si tous les hommes avaient depuis toujours été des femmes, aurions-nous des armées, une guerre en Irak, des islamistes martyrs, des femmes battues, des dictateurs nord-coréens ou des bagarres sur les terrains de rugby ?

Oui, je sais, j'aurais mieux de dormir cinq minutes de plus ce matin.

 Mais au-delà du côté cornichon de ma question, je me pose une question de fond très sérieuse dont j'aimerais connaître la réponse : l'homme et la femme sont-ils génétiquement différents à l'origine ? Le côté coq sur son tas de fumier de l'homme mâle est-il inné ? Ou est-ce un héritage acquis à l'époque où sa musculature plus développée et son zizi l'ont incité à prendre la défense des faibles femmes préhistoriques qui se terraient terrorisées au fond des cavernes de nos ancêtres ?

En clair, si l'homme d'aujourd'hui est toujours enclin à dégainer son fusil sur un champ de bataille ou son poing sur la gueule de sa femme quand il rentre bourré du café ou que son équipe de foot a perdu, est-ce parce qu'il aime ça ou parce que son patrimoine génétique a inscrit cela dans son comportement à une époque où il fallait jouer des muscles pour survivre ?

Si quelqu'un connait la réponse ?

09:39 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.09.2007

Cacophonie wallonne

C'est y est, ils ont fini par laver leur linge sale sur la place publique !

Qui ça me direz-vous ?

Ben, Spa et Dour ou Dour et Spa, c'est comme on veut... Voilà nos deux plus gros festivaux (nouvelle orthographe 2008) wallons qui s'affrontent. Bien entendu, musicalement parlant, les points communs étaient peu nombreux (seuls quelques artistes belges risquent d'en pâtir) ; géographiquement, difficile de faire plus éloigné en Wallonie.

N'empêche : les spectateurs éclectiques et les marchands de hot dogs n'y retrouveront pas leur compte. Mais surtout, médiatiquement parlant, c'est une ineptie totale. Pensez-vous que les journalistes vont se clôner, que la RTBF va dédoubler ses studios mobiles, que le JT va faire un duplex en direct ? Quel gâchis !

Derrière ces querelles de clochers affligeantes, l'observateur neutre mettra je l'espère le doigt sur un fait sans doute pas si anodin : Dour, c'est Di Antonio. C'est donc le cdH. Et Spa, c'est Charles Gardier. Et donc ... le MR. Ces deux événements musicaux et touristiques sont aussi, et sans doute pas accessoirement, deux formidables machines de propagande politique.

Quand la politique aide à mettre sur pied de tels événements, elle est excessivement précieuse et positive. Quand elle en vient à les mettre inutilement en compétition, elle se tire une balle dans le pied. 

12.09.2007

Control

Printemps 1980. J’essaie péniblement de boucler une année scolaire de plus. J’essaie aussi vaguement de me construire même s’il pouvait m’arriver la même semaine d’aller à Paris acheter des vinyles introuvables ici et d’écrire à mes amis combien ils étaient snobs d’aller chercher les leurs à … Louvain. Allez comprendre ! Mes amis, eux, ne comprenaient en tout cas pas que ce n’était jamais là que l’expression de ma propre incapacité à tenir la route dans ce monde de grands et ils finissaient par me fuir découragés.

Mes soirées se résumaient la plupart du temps, dans cette chambre au lit gigantesque et aux murs noirs d’encre, à essayer de décrypter les paroles de mes groupes préférés et à écouter en boucle mes dernières trouvailles.

Parmi celles-ci, Joy Division occupait une place de choix. A vrai dire, ils régnaient sans partage. C’était ma valeur étalon et j’achetais tout ce qui y ressemblait de près ou de loin. Cela pouvait même aller jusqu’à un album de Durutti Column acheté parce que sa pochette en papier émeri à gros grains avait été collée par les petits gars de Joy Division dans les bureaux de Factory.

Et puis un jour, tout s’est effondré. Ian Curtis n’était plus. S’en vinrent la longue attente et le siège quotidien de mon disquaire pour acquérir un Closer à la sortie sans cesse repoussée vu les circonstances. Le jour de la sortie, j’en achetai deux copies, dont une jamais écoutée qui doit encore traîner dans un carton vermoulu dans mon grenier.

Quelques années plus tard, j’avais sympathisé avec la fille de la promo de chez Himalaya, rue de la Fourche, lui expliquant avec enthousiasme ma passion pour la musique et mon amour incomparable pour Joy Division. Elle m’a d’abord aidé à en mieux comprendre les textes, puis me prêta des cassettes live qu’elle possédait miraculeusement. Sans le savoir, j’avais touché à l’essence même de sa propre existence. Son nom était Annik Honoré.

Septembre 2007. Mes vieilles copies de ses cassettes doivent être effacées depuis des lunes. Je n’ai plus jamais croisé Annik. Je me retrouve au cinéma avec un de mes fils pour le premier jour de sortie de Control, d’Anton Corbijn. Le film de ma vie se rembobine. Cette musique et ces textes sont toujours comme je les avais laissés. Essentiels, incomparables et intimement liés à ma propre vie. On est loin de la date de péremption, particulièrement dans ces versions réinterprétées par les acteurs du film. Le casting est invraisemblablement adéquat. Sam Riley EST Ian Curtis, tout simplement. Mon puzzle se complète. Je repense à cette Annik avec qui j’avais un jour cherché à partager mon amour inébranlable pour un groupe sans savoir qu’elle faisait en réalité partie intégrante de l’histoire de ce groupe et de son destin tragique. Alors, tant d’années après, mes pensées vont vers toi, chère Annik, et je te remercie de tes cadeaux pudiques.

Quant à moi, je me souviens de ces fanzines que je vendais à l’époque en m’inventant toute une équipe de rédacteurs sous différents pseudos. Dans le simple but de partager ma passion. Avec ce blog, j’ai peut-être bouclé la boucle d’une certaine manière et je pourrais très bien décider d’en rester là.

C’est une éventualité à méditer…

23:30 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.09.2007

Les larmes d'Halliday

Je lisais voici peu un article de la main de James Halliday qui racontait un moment d'intense émotion qui l'avait conduit aux larmes.

James Halliday n'est pas le frère caché du playboy préféré des ménagères françaises, il est le plus reputé spécialiste en matière de vin en Australie.

Et les larmes de James n'avaient pas coulé lors d'une quelconque occasion dramatique. Elles s'étaient déclenchées lors d'un repas en France en 1982 à l'occasion duquel il avait eu l'occasion de déguster un Romanée Conti 1938 auquel il reconnaissait une perfection touchant à l'irréel.

Immanquablement surgit en moi cette interrogation : cet homme est-il fou ? Puis : quel curieux rapport vouons-nous à ce jus de fruit fermenté pour qu'il en vienne à susciter en nous des réactions de cet ordre ?

Réflexion faite, aucun produit unique ne suscite autant d'engouement. Aucun produit unique ne bénéficie d'une telle exposition en magasin. Pouvez-vous imaginer un seul instant rentrer dans votre Delhaize et tomber sur 30 mètres de rayons de ... mayonnaise ou de whisky ?

En vérité, qui sait si je n'aurais peut-être pas pleuré aussi en buvant ce Romanée Conti d'un autre âge, moi qui me souviens encore avec émotion de la dégustation d'une cuvée moins stratosphérique en provenance du même domaine : un La Tâche 1991.

En ce qui me concerne, je crois pouvoir saisir une petite partie du contenu émotionnel que le vin représente parfois. Je n'ai jamais bu une bouteille seul ; il est donc vecteur de rencontres et de partages, de moments chaleureux qui jalonnent ma vie. Quasi chaque bouteille que je bois a une origine clairement identifiée : il est donc synonyme de voyages immobiles, d'évocation de  terroirs plus ou moins lointains. Derrière quasi chaque bouteille que je bois se cachent des hommes et des femmes qui expriment par ce biais une part d'eux-mêmes ; il relève donc presque plus de l'art que de la production industrielle.

Il me reste à mettre la main sur un Romanée Conti 1938 et à expérimenter la chose. Si vous avez un flacon du genre qui traine dans votre cave, n'hésitez pas.

21:24 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.09.2007

Thérapie maison et maison thérapie

Bonne nouvelle en provenance des linéaires de supermarchés !

Votre maison était déprimée ? Manquait de tonus ? Votre carrelage se sentait mal dans sa peau ? Désormais, tous ces petits tracas domestiques ont une réponse : Home Therapy.

Il ne s'agit pas du dernier livre sur le Fen Shui. Ni d'une armée de thérapeutes formés à la psychologie de la brique. Il s'agit tout bêtement d'une nouvelle gamme de produits de nettoyants pour sols lancée par un gros groupe industriel dont je tairai le nom ici par pudeur.

Eh oui, vos modestes sols pourront désormais bénéficier de leur dose de produit énergisant ou relaxant ... Merci Home Therapy !!

La prochaine fois que vous poserez le pied sur le sol de votre cuisine, gardez donc à l'esprit que vos carrelages ont une âme, qu'ils sont sensibles, qu'ils ont leurs humeurs et que ... Home Therapy est le nouveau compagnon idéal de vos torchons.

Autre rayon, autre nouveauté absurde : Coca Cola, symbole s'il en est de la malbouffe et de ses tares, s'offre une nouvelle virginité avec une canette enrichie aux bienfaisantes vitamines et autres merveilles pour votre santé. Vous allez voir, bientôt on vous prétendra dur comme fer qu'un coca est plus sain qu'une eau minérale.

A quand dès lors le Big Mac light, le Bi-Fi végétarien, le Mars aux algues, la dame blanche aux oligo-éléments et les chips aux huiles essentielles ?

20:52 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

29.08.2007

Les palmes de la semaine

La palme de la semaine dans la catégorie humour involontaire à La Libre Belgique, avec mention spéciale du jury, pour avoir inclus une séquence sur Paris Hilton dans la rubrique ... culture de son site internet "Tv La Libre".

La palme de deuxième classe dans la catégorie humour plat au Télémoustique pour son titre hilarant (de la Baltique) "Raymond se barre" à l'occasion du décès de Raymond Barre.

La palme honorifique dans la catégorie humour républicain à Bart De Wever de la N-VA pour ses interventions télévisées à propos du Roi dans lesquelles il le critiquait allègrement (c'est son droit) tout en ajoutant qu'il ne lui appartenait pas de le critiquer.

 Et pendant ce temps, la Corée du Nord lançait ses premières Raves !

Dancing Parties of Youth and Students Held

   Pyongyang, August 25 (KCNA) -- Dancing parties of youth and students took place in different parts of the country on Saturday to mark the 47th anniversary of Kim Jong Il's start of Songun revolutionary leadership.
    They presented joyful dances with profound thanks to Kim Jong Il who has ushered in a new era of national prosperity in various places including plazas in front of the Tower of the Juche Idea, the Monument to Party Founding, the Arch of Triumph and the April 25 House of Culture.
    They danced to the tune of such songs as "Our General Is Best", "Let's Sing of General Dear to People" and "We Will Hold Our General in High Esteem".
    Similar dancing parties took place in Phyongsong, Sinuiju, Kanggye, Hamhung and other provincial capitals, cities and county seats.

Je serais particulièrement heureux d'entendre la compile de l'événement !

Deprez pire que Pirette

Le dernier épisode en date de notre Saga Belgica, c'est évidemment la pitrerie grotesque d'un Gérard Deprez qui aurait mieux fait de rester dans le placard où il se terrait depuis des années. Pour une fois, Le Soir est sorti de son habituelle réserve déontologique de rigueur, associant le mot "stupide" au trait d'humour de cet homme.

Comment en effet ne pas assimiler son acte à un désespéré coup de pub qui s'avère en fin de compte un coup dans l'eau pathétique ? Deprez a eu ce qu'il voulait : il a fait la une des journaux, il a été invité à la TV. Il existe à nouveau en politique, certes ! Mais je crains pour lui que l'impact de son coup médiatique soit essentiellement négatif, le discréditant aux yeux des observateurs neutres alors qu'il espérait sans doute pouvoir se relancer quelque peu. 

Pauvre Gérard : l'homme de la rue ignorait parfaitement qu'il est encore dans le métier, qu'il est même à la tête de son propre parti dont plus personne ne soupçonne l'existence et que la plupart seraient incapables de dire qu'il est en fait rattaché au MR.

Je me souviens à ce propos de cet épisode datant de la campagne électorale de juin où Reynders himself évoquant sa "fédération" de partis citait MR et FDF, oubliant de citer le MCC du sieur Duprez.

Allez Gérard, on ne t'en veut pas tu sais.

26.08.2007

Propagation d'une onde

J'imagine que des scientifiques se penchent sur la question régulièrement. Que l'on a déjà eu l'occasion d'analyser le phénomène à maintes reprises... mais j'avais envie d'en faire l'expérience moi-même. A quelle vitesse se propage l'information sur internet ?

Difficile pour moi de me lancer dans une thèse académique. Difficile aussi de trouver une information mesurable objectivement. Pour ce faire, j'avais deux options : lancer moi-même une information sortie de nulle part ou mesurer quotidiennement une information naissante.

Après réflexion, j'ai choisi la deuxième car sa propagation ne dépendra pas de mes talents de diffuseur sur la toile ! Je me lance donc dès aujourd'hui dans un test à modeste échelle, aussi facile à suivre qu'une éclipse de soleil.

Encore fallait-il trouver un critère d'évaluation indiscutable. Disons ... le nombre d'occurrences rencontrées en recherchant un mot sur google. Et encore fallait-il trouver un mot sorti de nulle part. Disons ... "Joy Moviesion".

Joy Moviesion est le nom d'emprunt du groupe formé des acteurs du film Control qui interprètent l'un ou l'autre titre sur sa bande originale à paraitre début octobre. Un nom inventé pour la circonstance, absent de la toile jusqu'il y a peu. En principe, il devrait commencer à se propager (n'exagérons rien !) dans les semaines à venir.

Je viens de faire le test en tapant le mot sur google. A ce jour, il y a 40 occurrences. A suivre !

18:21 Écrit par Mama dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

23.08.2007

Nico et les poignées d'amour

Amusant ...

Paris Match a récemment retouché une photo de Sarkozy en vacances parce que ses poignées d'amour y apparaissaient de manière un peu trop évidente et donc un peu trop dévalorisante.Ainsi, la fée Photoshop aura encore fait son office mais, pour une fois, on en parle. Cela fait pourtant belle lurette (expression démodée !) que la plupart des hommes et femmes politiques se prêtent à ce jeu afin de valoriser leur image.

Ce phénomène ne choque quasi plus personne quand il s'agit de mannequins ou de circonstances où le paraître est le seul vecteur de communication. Il n'est pourtant pas encore rentré dans les mœurs quand il touche des individus dont la raison d’être est toute autre : politiciens, hommes d’affaires, etc.

Il serait pourtant naïf de croire que le succès d’un homme (d’une femme) politique dépend uniquement de la qualité de ses idées. Avant de démontrer de réelles capacités, Freya Van den Bossche a d’abord connu un succès fulgurant en politique pour sa seule plastique. De même, une mine plus ou moins avenante, plus ou moins sympathique, peut influencer fortement un électorat. Comment dans ce contexte jeter la pierre à un hebdo très proche du pouvoir quand il veille à entretenir l’image de jeune cadre dynamique du Président en fonction ?

Le vrai péril est pourtant nettement plus insidieux. Quand des magazines d’information se permettent de retoucher les photos qu’ils publient, quelles règles s’imposent-ils ? Quel contrôle exerçons-nous encore sur ce que nous voyons ?

La force des photos est historiquement énorme car ces photos constituaient jusqu’il y a peu des témoignages incontestables. Aujourd’hui, tout est beaucoup plus flou. Si Paris Match se permet de retoucher son Président chéri par coquetterie, avons-nous la certitude qu’il n’enlèvera pas un fusil dans la main d’un soldat américain tué en Irak pour en faire en martyr, qu’il n’effacera pas un individu d’une photo sur laquelle il n’était pas censé apparaître ou qu’il n’escamotera pas une bouteille de vodka qui trainait sur la table entre Poutine et Sarko ?

17.08.2007

L'apport journalier recommandé en culture

Près de chez moi se trouve le Théâtre du Méridien. Deux petites salles intimes, des jardins uniques à Bruxelles, un foyer chaleureux. Le Méridien, c'est essentiellement Catherine Brutout.

Voilà dix ans que Catherine se démène comme une belle diablesse (féminisation de l'expression non garantie par l'Académie) pour défendre sa programmation artistique et maintenir son théâtre à flot financièrement parlant. Pour une fois donc, ne pensez pas que je l'évoque en ces lignes pour faire dans le sarcasme démolisseur. Respect, Madame !

Catherine n'est pas contente parce que Fadila Laanan ne pourra lui accorder que 151.000 € de subsides pour sa prochaine saison et cela va l'obliger à réduire sa programmation drastiquement. Le Méridien ne verra en fin de compte que 3 spectacles programmés cette saison.

Dont acte.

Indépendamment de ces aléas douloureux, je me posais une question toute bête : quel est l'apport journalier recommandé en culture ? Pour les calories, les lipides, les protides et autres joyeusetés, il suffit de regarder sur un paquet de Corn Flakes, c'est indiqué ! Mais pour la culture ? La faculté de médecine ne pourrait-elle pas se prononcer une fois pour toutes ? J'ai l'air de rire mais en fait, je suis très sérieux. Le théâtre ayant dix ans d'existence, il n'existait pas voici onze ans. Et il n'apportait donc rien en matière de culture. Etions-nous alors en manque ou sommes-nous aujourd'hui en surcharge pondérale culturelle ? Le théâtre étant une discipline dépendant essentiellement de fonds publics, je me demandais quel grand manitou déterminait la concentration de lieux culturels nécessaire pour l'équilibre de notre société ? Quelqu'un décide-t-il en fonction d'un contexte donné du nombre de lieux à subsidier ou pas ?

Catherine Brutout, qui connait son sujet, estime qu'il est impossible de déployer une activité normale avec 12.000 € de subsides mensuels. Elle a sûrement raison. Mais un théâtre reste par définition un lieu sous respirateur artificiel. Cinq cents mille francs belges par mois pour trois spectacles dans l'année, ce n'est pas rien. Si Fadila Laanan débranche, le théâtre meurt instantanément. J'en reviens donc à cette perpétuelle interrogation qui me hante au sujet de la cohabitation de la culture et de l'argent. Le Méridien a la chance d'être situés dans des murs attractifs, dans un quartier sympa dépourvu de lieux accueillants en soirée. Sans oser conseiller à Catherine de se transformer en tenancière de café le soir en plus de son job de directrice de théâtre le jour, je continue à douter. Le théâtre n'a-t-il aucun avenir sans cette manne céleste ? Et si le Méridien rentrait plus de fonds propres en ouvrant sa porte tous les soirs, en proposant à boire et de la petite restauration ? Et si le Méridien louait ses murs à des tiers pour des activités diversifiées ? Et si, tabou ultime, le Méridien n'était tout simplement pas nécessaire à notre apport journalier recommandé en culture ?

Mes pensées sont-elles totalement incongrues et iconoclastes ? Sans doute, sinon cela se saurait. 

09:38 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

16.08.2007

Rupie 1er, roi du Bénin

Cette nuit, j'ai repensé à ce que j'avais écrit sur Rupert Murdoch qui s'est récemment payé le scalp du Wall Street Journal pour un montant dépassant largement le PIB d'un tas de pays. J'avais d'ailleurs pris le Bénin comme valeur étalon pour situer la hauteur de l'investissement.

Et je me suis dit qu'un jour peut-être un Rupert Murdoch de ce monde s'offrirait peut-être un pays comme il s'offre un journal. Il racheterait la dette publique et injecterait ses milliards de dollars dans l'économie. Par sentimentalisme, parce que ses ancêtres en sont originaires, que sa femme est béninoise ou qu'il y apprécie particulièrement les paysages. Ou par appétit du lucre, parce que le pays regorge de ressources et de potentialités.

Le gouvernement serait remplacé par un conseil d'administration ; le Président par un Directeur Général ; les électeurs deviendraient de petits actionnaires convoqués à l'assemblée générale annuelle ; la police serait remplacée par des agents privés de sécurité...

Pure délire nocturne évidemment. J'espère... 

09:13 Écrit par Mama dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |